Les médecins, dentistes, chirurgiens, infirmiers et autres professions de santé libérales ont souvent :
- des revenus élevés et fluctuants,
- une tranche marginale d’imposition (TMI) parfois à 41 % ou 45 %,
- un besoin de revenus stables au moment d’arrêter l’activité,
- et des engagements (charges de cabinet, crédit pro, remplacement en fin de carrière).
Dans ce contexte, un PER bien calibré, combiné à un taux technique PER pertinent, répond à deux objectifs clés : défiscaliser aujourd’hui et sécuriser des revenus demain.
1) Défiscaliser immédiatement (tout en se constituant une retraite)
Les versements volontaires sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable dans la limite du plafond épargne retraite (avec possibilité de report des plafonds non utilisés des 3 dernières années). Pour un professionnel de santé en TMI élevée, l’effet défiscalisant est puissant.
Exemple indicatif (profession médicale libérale)
| Revenu pro net estimé |
Versement PER |
TMI supposée |
Économie d’impôt |
| 80 000 € |
6 000 € |
30 % |
1 800 € |
| 120 000 € |
12 000 € |
41 % |
4 920 € |
| 200 000 € |
20 000 € |
45 % |
9 000 € |
Lecture : à TMI 41 %, 12 000 € versés sur un PER réduisent l’impôt d’environ 4 920 € (hors contributions sociales et limites de plafond). On prépare la retraite tout en diminuant l’impôt la même année.
2) Sécuriser et lisser le revenu de retraite avec le taux d’intérêt technique assurance vie
Au moment de la liquidation en rente viagère, le taux d’intérêt technique (appliqué à la rente) permet d’anticiper une partie des rendements futurs.
- Un taux technique PER positif augmente la rente de départ — utile pour compenser une baisse de revenus les premières années (ex. fin de crédit immobilier du cabinet, temps d’adaptation à la retraite).
- En contrepartie, la revalorisation future est plus modérée, d’où l’importance de choisir taux technique avec méthode en fonction de l’horizon et des besoins.
Cas pratique (simplifié)
Martin, Medecin généraliste (60 ans)
- Épargne visée sur PER à 62 ans : 250 000 €.
- Objectif : revenus confortables dès la première année de retraite pour absorber les dernières charges personnelles.
- Option A : taux technique = 0 % → rente initiale plus basse mais meilleure revalorisation dans le temps.
- Option B : taux technique = 1 % → rente de départ plus élevée (≈ +10–12 % selon options de rente), revalorisation plus douce ensuite.
Martin peut aussi combiner : convertir une partie avec taux technique positif (pour booster le départ) et garder une partie à 0 % (pour préserver la dynamique de revalorisation). C’est un excellent compromis pour choisir taux technique sans se priver des bénéfices à long terme.
Claire, dentiste libérale (45 ans, TMI 45 %)
Versements annuels : 15 000 € → recherche de défiscalisation maximale et capitalisation long terme.
→ Intérêt : privilégier un taux technique à 0 % pour laisser la rente se revaloriser sur la durée.
Julien, kinésithérapeute (35 ans, revenus en croissance)
Versements : 5 000 €/an → souhaite construire progressivement sa retraite.
→ Intérêt : conserver la souplesse, se projeter plutôt sur un taux neutre (0 %) pour profiter des participations aux bénéfices futures.
Sophie, infirmière libérale (55 ans, revenus stables)
Épargne visée : 180 000 € → souhaite sécuriser une rente stable, avec réversion au conjoint.
→ Intérêt : simuler plusieurs options en combinant taux technique de 0 % et positif pour trouver l’équilibre.
Ces profils montrent que le bon choix de taux technique dépend autant de votre fiscalité que de vos besoins de revenus et de votre horizon de retraite.
3) Spécificités “médicales” : pourquoi c’est souvent pertinent
- TMI élevée = gain fiscal immédiat : chaque euro versé sur le PER “travaille” deux fois (capital retraite + économie d’impôt).
- Besoin de revenus forts au démarrage : un taux technique PER positif peut lisser la transition cabinet → retraite.
- Options de rente (réversion au conjoint, annuités garanties, dépendance) : avec un bon taux d’intérêt technique, on optimise le niveau de rente initial tout en sécurisant la famille.
- Souplesse à la liquidation : selon le contrat, le taux technique se choisit à la conversion ; on peut donc adapter au contexte de marché et à la santé du cabinet au moment T.
👉 Nous avons rédigé un guide spécifique sur les contrats PER pour médecins, infirmiers et dentistes, afin d’illustrer les différences selon les professions.https://www.rdanielcourtage.fr/comment-un-specialiste-medical-peut-il-reduire-ses-impots-grace-a-un-per/