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    “Je cotise déjà à mon régime obligatoire, est-ce vraiment utile de souscrire une prévoyance en plus ?” C’est une question que se posent de nombreux remplaçants libéraux. Et elle est parfaitement légitime. 

    les droits aux prestations de la CARMF, de la CARPIMKO ou de la CARPV, selon la profession exercée, sont directement liés aux cotisations versées, à l’ancienneté d’affiliation et aux revenus déclarés. 

    En début de carrière, ces droits peuvent être faibles, notamment lorsque les revenus déclarés sont encore limités ou irréguliers. Un arrêt de travail ou une invalidité survenant dans les premières années d’activité peut laisser un remplaçant avec des indemnités symboliques, loin de couvrir ses charges et son niveau de vie.

    Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi le remplaçant libéral est particulièrement exposé, ce que couvre réellement son régime obligatoire, quelles garanties privilégier et pourquoi ne pas attendre l’installation pour agir.

    Statut du remplaçant libéral et protection sociale

    Le remplaçant libéral n’est pas salarié. Il peut exercer avant son installation définitive, mais il relève déjà d’un cadre professionnel et social spécifique. Il exerce sous son propre identifiant professionnel, notamment RPPS ou ADELI selon la profession, et relève des organismes sociaux correspondant à son activité. Selon les cas, il peut cotiser à la CARMF pour les médecins, à la CARPIMKO pour les infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes et pédicures-podologues, ou encore à la CARPV pour les vétérinaires. 

    Ce statut implique une réalité souvent méconnue : les droits aux prestations de ces caisses dépendent notamment de l’affiliation, des cotisations versées, des revenus déclarés et parfois de conditions d’ancienneté. Un remplaçant qui débute peut donc disposer de droits limités. 

     En cas d’arrêt de travail ou d’invalidité dans les premières années, les indemnités versées par le régime obligatoire seront faibles, voire symboliques.

    Prévoyance du remplaçant libéral : ce que couvre le régime obligatoire

    Prenons l’exemple d’un médecin remplaçant affilié à la CARMF.

    En cas d’arrêt de travail, la CPAM peut verser des indemnités journalières à partir du 4e jour et jusqu’au 90e jour, sous réserve de remplir les conditions d’ouverture des droits. Le montant correspond à 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, dans la limite du plafond applicable. En 2026, avec un PASS fixé à 48 060 €, le plafond maximal est d’environ 197,50 € par jour. 

    À partir du 91e jour, la CARMF peut prendre le relais pour les médecins affiliés et à jour de leurs cotisations. En 2026, pour un médecin de moins de 62 ans relevant de la tranche de revenus la plus basse, l’indemnité journalière CARMF est de 65,84 € par jour. Elle peut atteindre 197,51 € par jour pour les revenus les plus élevés. 

    En cas d’invalidité :

    • En 2026, la rente annuelle en cas d’invalidité totale et définitive versée par la CARMF varie, pour un médecin, d’environ 23 662 € à 31 549 € par an selon le niveau de revenus pris en compte. 
    • Le régime invalidité-décès de la CARMF vise l’invalidité totale et définitive. L’invalidité partielle doit donc être étudiée avec attention dans un contrat de prévoyance complémentaire. 
    • Pour les paramédicaux affiliés à la CARPIMKO, les prestations en incapacité, invalidité ou décès doivent également être analysées avec précision, car elles peuvent rester insuffisantes pour maintenir le revenu d’un jeune remplaçant. 

    En cas de décès, le régime obligatoire peut prévoir un capital et, selon la situation familiale, des rentes de conjoint ou d’éducation. Pour un jeune remplaçant, ces prestations doivent être vérifiées au cas par cas, car elles peuvent dépendre de conditions d’affiliation, de cotisation ou de situation familiale. 

    Le régime obligatoire offre un premier niveau de protection, mais il peut être insuffisant pour maintenir un niveau de vie correct en cas d’arrêt long, d’invalidité ou de décès.

    Pourquoi souscrire tôt plutôt qu’à l’installation ?

    C’est le point le plus contre-intuitif pour les jeunes praticiens, et pourtant le plus important.

    Souscrire une prévoyance pendant la période de remplacement présente deux avantages qui peuvent diminuer avec le temps. 

    1. L’avantage tarifaire. Les cotisations d’un contrat de prévoyance sont directement liées à l’âge de souscription. Entre 25 et 30 ans, les tarifs sont nettement plus bas qu’à 35 ou 40 ans et augmentent chaque année. Une souscription précoce permet généralement de bénéficier d’un tarif plus favorable, sous réserve des conditions d’évolution tarifaire prévues au contrat. 
    2. L’avantage médical. Les contrats de prévoyance sont soumis à un questionnaire de santé.Plus vous souscrivez tôt, plus vous avez de chances de présenter un dossier médical favorable, ce qui peut réduire le risque d’exclusion, de surprimes ou de refus. Attendre plusieurs années, c’est prendre le risque qu’un problème de santé survenu entre-temps complique ou renchérit la souscription.

    Garanties de prévoyance du médecin remplaçant : lesquelles privilégier ?

    Les besoins d’un remplaçant ne sont pas identiques à ceux d’un praticien installé. Voici les garanties à considérer en priorité.

    1. Les indemnités journalières (maintien de revenus). C’est la garantie centrale. Elle complète les prestations du régime obligatoire en cas d’arrêt de travail. La définition de l’incapacité retenue dans le contrat est déterminante : vérifiez qu’elle fait référence à votre profession habituelle et non à toute activité professionnelle. 

    Un remplaçant qui ne peut plus exercer sa profession habituelle ne devrait pas être pénalisé par une définition trop large de l’incapacité, fondée sur la possibilité d’exercer une autre activité. 

    La franchise, c’est-à-dire le délai avant le début de l’indemnisation, est un paramètre important. Les franchises courtes, par exemple 7, 15 ou 30 jours, coûtent généralement plus cher mais peuvent être adaptées aux remplaçants dont les revenus ne sont pas lissés sur l’année. 

    1. L’invalidité professionnelle. Lorsqu’elle est prévue au contrat, elle constitue un point de vigilance majeur pour les professions médicales et paramédicales. Elle permet de tenir compte de l’impossibilité d’exercer votre profession ou votre spécialité, totalement ou partiellement selon les conditions prévues. Vérifiez le seuil de déclenchement de la rente, par exemple 33 %, 26 %, 16 % ou 10% selon les contrats, ainsi que le barème retenu : professionnel, fonctionnel ou croisé.

    2. Le capital décès. Pour un jeune remplaçant sans enfant, ce besoin peut sembler secondaire, mais le coût est souvent modéré à cet âge et permet de protéger ses proches en cas de décès.

    3. La garantie frais généraux. Concerne principalement les remplaçants qui partagent des frais fixes avec un cabinet. Elle couvre les charges professionnelles fixes qui continuent de courir pendant un arrêt de travail, par exemple un loyer, des frais de fonctionnement ou certaines charges liées à l’activité. Pour un remplaçant sans structure propre, cette garantie doit couvrir principalement les charges sociales.

    Contrat forfaitaire ou indemnitaire ?

    Les revenus d’un remplaçant sont souvent irréguliers, ce qui rend le choix du type de contrat particulièrement important.

    Un contrat indemnitaire verse des prestations calculées en fonction de la perte réelle de revenus, en tenant compte, selon les contrats, des prestations versées par le régime obligatoire. Si les revenus baissent, les indemnités baissent proportionnellement. Ce type de contrat est adapté aux praticiens aux revenus stables et élevés, mais peut s’avérer décevant pour un remplaçant dont l’activité varie d’un mois à l’autre.

    Un contrat forfaitaire verse un montant fixe déterminé à la souscription, indépendamment des revenus réels ou des prestations du régime obligatoire. Il offre une meilleure prévisibilité et une protection plus solide pour les remplaçants aux revenus irréguliers. C’est généralement le type de fonctionnement que nous privilégions pour les remplaçants aux revenus irréguliers, lorsque leur situation le permet. Attention, même en forfaitaire, l’assureur peut demander des justificatifs à la souscription ou plafonner les garanties en fonction du revenu.

    Notre analyse chez R.Daniel Courtage

    Le remplaçant libéral est dans une situation paradoxale : il cotise, donc il peut se croire correctement couvert, alors que ses droits au régime obligatoire peuvent rester limités dans les premières années. C’est précisément à ce moment qu’une prévoyance complémentaire peut avoir le plus de valeur, avec un coût souvent plus favorable qu’après plusieurs années d’activité. 

    Deux règles simples à retenir : ne pas attendre l’installation pour souscrire, et vérifier que la définition de l’incapacité dans votre contrat fait bien référence à votre profession habituelle. Une mauvaise définition peut rendre votre contrat inopérant au moment où vous en avez le plus besoin.

    Notre cabinet propose une étude personnalisée, sans honoraires de courtage à votre charge, adaptée à votre profession et à votre niveau de revenu actuel. Et pour en savoir plus, consultez toutes nos offres prévoyance pour les principaux secteurs du médical. 

    Nous proposons aussi bien des solutions pour les médecins que pour les paramédicaux, à toutes les étapes de leur carrière, y compris dès les premières années de remplacement.

    FAQ : prévoyance remplacement libéral

    Un remplaçant libéral est-il obligé de souscrire une prévoyance ?

    Non, ce n’est pas une obligation légale. Mais le régime obligatoire, CARMF, CARPIMKO ou CARPV selon la profession, peut offrir une protection insuffisante en début de carrière. Une prévoyance complémentaire est donc fortement recommandée dès les premiers remplacements. 

    À quel moment souscrire une prévoyance en tant que remplaçant ?

    Dès que votre activité libérale de remplacement débute et que votre situation administrative le permet. Il n’est pas nécessaire d’attendre l’installation définitive. Plus la souscription intervient tôt, plus les conditions tarifaires et médicales peuvent être favorables. 

    Quel montant d’indemnités journalières prévoir ?

    L’objectif est de compenser la perte de revenu en tenant compte des prestations du régime obligatoire, de vos charges personnelles et de votre niveau de vie. Un point de départ peut être de raisonner à partir de votre revenu net mensuel moyen, puis de le convertir en besoin journalier selon la franchise choisie. 

    La prévoyance couvre-t-elle les remplacements ponctuels ?

    Cela dépend des contrats. Certains assureurs exigent un niveau minimal d’activité pour déclencher les garanties. Il est important de vérifier les conditions d’éligibilité, notamment si vous effectuez peu de remplacements par mois.

    Les cotisations de prévoyance sont-elles déductibles des impôts ?

    Oui, sous conditions, lorsque le contrat est éligible au cadre fiscal Madelin et que vous exercez en tant que travailleur non salarié imposé en BNC. Les cotisations sont alors déductibles du bénéfice imposable, dans les limites prévues par la réglementation. 

    Quelle différence entre contrat forfaitaire et indemnitaire ?

    Un contrat indemnitaire calcule les prestations en fonction de la perte réelle de revenus, en tenant compte des prestations du régime obligatoire selon les conditions du contrat. Un contrat forfaitaire prévoit un montant de garantie déterminé à la souscription, sous réserve des plafonds et justificatifs demandés. Pour un remplaçant aux revenus irréguliers, le fonctionnement forfaitaire offre généralement plus de prévisibilité. 

    Que devient ma prévoyance à l’installation ?

    Votre contrat peut généralement être maintenu et adapté à votre nouvelle situation, sous réserve des conditions prévues par l’assureur. L’installation modifie vos besoins, notamment sur la garantie frais généraux, qui devient souvent prioritaire dès que vous supportez des charges fixes. C’est le bon moment pour faire un point et ajuster les garanties et les montants assurés.