PER ou assurance vie pour préparer sa retraite de médecin libéral en 2026

Mis à jour le 9 septembre 2026

Préparer sa retraite lorsqu’on est médecin, chirurgien-dentiste ou professionnel de santé libéral suppose d’anticiper l’écart qui peut exister entre les revenus professionnels de fin de carrière et les pensions perçues au moment de la retraite.

Les médecins libéraux relèvent notamment de la CARMF, les chirurgiens-dentistes de la CARCDSF et les masseurs-kinésithérapeutes de la CARPIMKO. Le montant de la retraite dépend néanmoins de nombreux paramètres : durée de carrière, revenus soumis à cotisations, nombre de points acquis, âge de liquidation ou encore éventuelles périodes d’interruption d’activité.

Pour préparer un complément de revenus, deux enveloppes occupent une place centrale : le PER individuel et l’assurance vie. Elles ne répondent pas exactement aux mêmes objectifs et ne doivent pas nécessairement être opposées. Pour un professionnel de santé libéral, les combiner peut au contraire permettre d’associer optimisation fiscale pendant la carrière, constitution d’un capital disponible et préparation de la transmission.

Depuis 2026, cette réflexion doit également intégrer deux évolutions importantes : la fin de la déductibilité des versements PER réalisés à partir de 70 ans et l’allongement progressif à cinq ans du report de certains plafonds d’épargne retraite non utilisés.

PER individuel et assurance vie deux logiques complémentaires

Le PER individuel, également appelé PERIN, est un produit d’épargne retraite créé par la loi PACTE. Disponible depuis 2019, il a progressivement remplacé les anciens produits individuels comme le PERP et le contrat Madelin retraite pour les nouvelles souscriptions.

Contrairement à une idée parfois répandue, le PER individuel n’est pas réservé aux travailleurs indépendants. Il peut être souscrit par toute personne majeure. Il présente toutefois un intérêt fiscal particulier pour les professionnels libéraux en raison des règles de déduction applicables aux travailleurs non salariés.

Pour un médecin libéral soumis à une tranche marginale d’imposition élevée, les versements réalisés sur un PER peuvent être déductibles, dans les limites prévues par la réglementation. L’économie d’impôt obtenue à l’entrée dépend alors du montant versé et de la situation fiscale du foyer.

Cette économie d’impôt n’est cependant pas une exonération définitive. En contrepartie de la déduction obtenue pendant la vie active, une fiscalité s’applique au moment de la sortie selon l’origine des sommes, le choix effectué à l’entrée et le mode de récupération du capital ou de la rente.

L’autre caractéristique importante du PER est son horizon de placement. L’épargne est en principe destinée à la retraite et ne peut pas être retirée librement avant cette échéance.

La réglementation prévoit néanmoins plusieurs cas de déblocage anticipé : invalidité du titulaire, de son conjoint ou partenaire de Pacs ou de ses enfants, décès du conjoint ou partenaire de Pacs, expiration des droits à l’assurance chômage, surendettement, cessation d’une activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire et acquisition de la résidence principale pour les sommes pouvant bénéficier de ce déblocage. Les règles complètes sont détaillées par le ministère de l’Économie sur le fonctionnement du PER individuel.

L’assurance vie fonctionne selon une logique différente. L’épargne reste disponible à tout moment par l’intermédiaire de rachats partiels ou d’un rachat total. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre la retraite pour disposer du capital.

Sa fiscalité se construit également dans le temps, avec un régime particulièrement intéressant sur les rachats à partir de huit années de détention. Elle bénéficie enfin d’un cadre spécifique en matière de transmission.

CritèrePER individuelAssurance vie
Déduction fiscale à l’entréeOui, sous conditions et avant 70 ansNon
Disponibilité du capitalEn principe à la retraite, sauf cas de déblocageÀ tout moment
SortieCapital, rente ou combinaison des deux selon les droitsRachats partiels ou total
Fiscalité des gains en 202618,6 % de prélèvements sociaux sur les produits lors d’une sortie en capital17,2 % de prélèvements sociaux dans le régime de droit commun
Avantage après 8 ansPas d’abattement lié à l’anciennetéAbattement annuel sur les gains retirés
TransmissionDépend notamment de la nature du PER et de l’âge au décèsRégime spécifique selon l’âge lors du versement des primes

Le choix ne consiste donc pas forcément à déterminer PER ou assurance vie, mais plutôt à déterminer quelle part de l’épargne consacrer à chacune de ces solutions.

Vous pouvez également consulter nos solutions de PER individuel et d’assurance vie afin de mieux comprendre les caractéristiques des deux enveloppes.

PER individuel pour les professions de santé libérales un plafond TNS renforcé

Pour un professionnel libéral relevant fiscalement des bénéfices non commerciaux, les versements volontaires sur un PER peuvent être déduits du bénéfice professionnel dans les conditions prévues par l’article 154 bis du Code général des impôts. La formule de déduction applicable aux indépendants peut être consultée directement dans l’article 154 bis du Code général des impôts sur Légifrance.

Avec un plafond annuel de la Sécurité sociale, ou PASS, fixé à 48 060 € en 2026, la limite de déduction professionnelle correspond au montant le plus élevé entre 10 % du PASS ou 10 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de 8 PASS, auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Le montant du PASS 2026 est confirmé par l’Urssaf.

Huit PASS représentent 384 480 € en 2026.

Lorsque le bénéfice atteint ou dépasse ce montant, le calcul maximal est le suivant :

  • 10 % de 384 480 €, soit 38 448 € ;
  • auxquels s’ajoutent 15 % de la différence entre 384 480 € et 48 060 €, soit 50 463 €.

Le plafond maximal théorique atteint ainsi 88 911 € en 2026.

Ce plafond doit néanmoins être apprécié en tenant compte des autres cotisations ou versements susceptibles de le réduire dans la situation du professionnel.

Exemple de déduction PER pour un médecin avec 120 000 € de bénéfice

Prenons l’exemple d’un médecin libéral déclarant 120 000 € de bénéfice imposable.

La première partie du calcul correspond à 10 % de 120 000 €, soit 12 000 €.

La seconde correspond à 15 % de la fraction comprise entre 48 060 € et 120 000 €, soit 10 791 €.

Le plafond professionnel théorique atteint donc environ 22 791 €.

Si ce médecin verse 22 791 € sur son PER et si l’intégralité de cette déduction s’impute effectivement sur des revenus taxés dans une tranche marginale à 41 %, l’économie d’impôt théorique maximale serait d’environ 9 344 €.

L’économie réellement obtenue peut être différente selon les autres revenus du foyer, le nombre de parts fiscales et la répartition du revenu entre les différentes tranches du barème.

Le PER est donc particulièrement intéressant lorsque le taux d’imposition pendant la période des versements est élevé, à condition de tenir également compte de la fiscalité qui s’appliquera au moment de la sortie.

Déduction professionnelle ou plafond épargne retraite quelle différence ?

C’est un point important pour un professionnel libéral : deux mécanismes de déduction doivent être distingués.

Les versements volontaires sur un PER peuvent notamment être déduits du bénéfice professionnel dans le cadre de l’article 154 bis du Code général des impôts. C’est dans ce cadre que s’applique le plafond professionnel TNS pouvant atteindre 88 911 € en 2026.

Lorsque des versements volontaires sur un PER ne sont pas déduits du bénéfice professionnel au titre de l’article 154 bis, ils peuvent être déduits du revenu net global dans les conditions et limites prévues par l’article 163 quatervicies du Code général des impôts.

Pour un même versement, la déduction s’effectue donc soit au niveau du bénéfice professionnel, soit au niveau du revenu global : un même versement ne peut pas bénéficier des deux déductions.

Le montant disponible au titre de la déduction du revenu global figure sur l’avis d’impôt dans la rubrique « Plafond épargne retraite ». Ce plafond est distinct du plafond professionnel TNS prévu par l’article 154 bis. Son calcul tient néanmoins compte de l’épargne retraite déjà déduite des revenus professionnels, selon les règles prévues par l’article 163 quatervicies, avec notamment un traitement spécifique de la fraction supplémentaire de 15 % applicable aux TNS.

Cette distinction est importante car le report des plafonds non utilisés sur cinq ans concerne le plafond de déduction du revenu global. Il ne permet pas de reporter pendant cinq ans le plafond professionnel TNS prévu par l’article 154 bis.

Peut-on reporter pendant cinq ans un plafond PER non utilisé ?

La loi de finances pour 2026 a porté de trois à cinq ans la période pendant laquelle les plafonds de déduction du revenu global non utilisés peuvent être reportés.

Cette nouvelle règle concerne la limite annuelle de déduction de l’épargne retraite du revenu net global. Elle ne transforme pas le plafond professionnel TNS de l’article 154 bis en un plafond automatiquement cumulable pendant cinq années.

La réforme connaît également une montée en charge progressive.

Pour des versements réalisés en 2026, la limite disponible peut comprendre le plafond 2026 ainsi que, lorsqu’ils n’ont pas été consommés, les reliquats de 2023, 2024 et 2025.

En 2027, les reliquats susceptibles d’être utilisés seront ceux de 2024, 2025 et 2026. En 2030, quatre années antérieures pourront être disponibles. Ce n’est qu’en 2031 que les reliquats des cinq années précédentes, de 2026 à 2030, pourront simultanément être mobilisables, sous réserve qu’ils n’aient pas déjà été consommés.

Ce calendrier est expressément détaillé par le BOFiP dans sa mise à jour du 10 août 2026.

Pour un médecin libéral envisageant un versement important en fin de carrière, il est donc essentiel de vérifier précisément le plafond disponible figurant sur son avis d’imposition plutôt que de simplement multiplier son plafond annuel par cinq.

La règle des 70 ans en 2026 pourquoi anticiper devient important

La loi de finances pour 2026 apporte une modification importante à la fiscalité du PER.

Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à compter du 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles fiscalement.

La règle concerne également les travailleurs indépendants : l’article 9 de la loi de finances pour 2026 exclut notamment l’application de la déduction professionnelle prévue pour les versements PER à partir du jour du 70e anniversaire. Le texte peut être consulté dans l’article 9 de la loi de finances pour 2026 sur Légifrance.

C’est bien l’âge atteint à la date du versement qui est déterminant.

Un médecin fêtant ses 70 ans le 15 septembre 2026 doit donc distinguer les versements effectués avant cette date de ceux réalisés à compter de son anniversaire.

Cette évolution ne signifie pas qu’il est interdit de conserver ou d’alimenter un PER après 70 ans. Les versements restent possibles, mais ils ne procurent plus l’avantage fiscal à l’entrée qui constitue généralement l’un des principaux intérêts du PER pour un professionnel fortement imposé.

La fiscalité au moment de la sortie est adaptée en conséquence. Lorsque des versements volontaires n’ont pas été déduits, notamment parce qu’ils ont été réalisés à partir de 70 ans depuis 2026, le capital correspondant à ces versements n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux lors d’une sortie en capital. Les gains restent en revanche fiscalisés.

Pour les gains d’un PER récupérés en capital, les prélèvements sociaux sont passés à 18,6 % en 2026. Lorsque le taux forfaitaire de 12,8 % d’impôt sur le revenu s’applique également, la taxation globale des produits atteint 31,4 %. Cette fiscalité est détaillée par le ministère de l’Économie dans son guide du PER individuel.

Cette évolution renforce l’intérêt de comparer le PER à l’assurance vie à l’approche de la retraite, mais elle ne signifie pas qu’il faut automatiquement arrêter d’alimenter son PER plusieurs années avant 70 ans.

Pour un médecin encore fortement imposé à 65 ou 68 ans, la déduction obtenue à l’entrée peut rester très intéressante. La décision doit être prise à partir du taux marginal d’imposition, de l’horizon de placement, de la fiscalité attendue à la sortie, des besoins de liquidité et des objectifs de transmission.

Assurance vie en fin de carrière médicale liquidité et transmission

L’assurance vie présente plusieurs caractéristiques qui en font un complément naturel du PER, particulièrement à l’approche de la cessation d’activité.

Une épargne disponible à tout moment

Contrairement au PER, l’assurance vie ne comporte pas de blocage légal jusqu’à la retraite.

Un médecin peut effectuer un rachat partiel sans clôturer son contrat. Cette possibilité peut par exemple permettre de compléter progressivement ses revenus au moment d’une réduction d’activité ou après la liquidation de ses droits à la retraite.

Lors d’un rachat, seule la fraction correspondant aux gains comprise dans le retrait est susceptible d’être fiscalisée. Le capital initialement versé n’est pas imposé une seconde fois.

Cette disponibilité permet également de conserver une épargne mobilisable en cas de dépense importante ou de projet patrimonial.

Quelle fiscalité pour l’assurance vie après 8 ans ?

Après huit années de détention, les gains compris dans les rachats bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.

Cet abattement porte sur les gains imposables compris dans les retraits, et non sur le montant total du rachat.

Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, les produits restant imposables après l’abattement peuvent bénéficier d’un taux d’impôt sur le revenu de 7,5 % pour la fraction correspondant aux primes entrant dans le seuil de 150 000 €.

Au-delà de ce seuil, la fraction correspondante des produits est imposée au taux forfaitaire de 12,8 %.

Le seuil de 150 000 € ne s’apprécie pas contrat par contrat : il est apprécié globalement sur les contrats concernés détenus par le souscripteur.

Les prélèvements sociaux applicables à l’assurance vie restent fixés à 17,2 % dans le régime de droit commun. Le détail des règles applicables aux rachats est disponible sur la page officielle du ministère de l’Économie consacrée à la fiscalité de l’assurance vie.

L’ancienneté d’une assurance vie constitue donc un élément important de la stratégie. Ouvrir un contrat plusieurs années avant la retraite permet de faire courir le délai fiscal de huit ans, même si les premiers versements restent modestes.

Assurance vie et transmission avant 70 ans

La transmission constitue l’un des principaux intérêts de l’assurance vie.

Pour les contrats relevant du régime actuel, les sommes correspondant aux primes versées avant le 70e anniversaire peuvent bénéficier d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire.

Un parent ayant désigné deux enfants peut ainsi disposer, sous réserve des autres contrats et sommes concernés par ce régime, de 305 000 € d’abattements cumulés.

Au-delà de l’abattement de 152 500 €, un prélèvement de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 € de part taxable par bénéficiaire, puis un taux de 31,25 % au-delà.

Ces règles et les distinctions selon la date du contrat et l’âge lors des versements sont présentées par impots.gouv.fr dans sa fiche consacrée aux bénéficiaires d’une assurance vie.

Que se passe-t-il pour les versements sur une assurance vie après 70 ans ?

Contrairement à une idée fréquente, l’assurance vie ne perd pas tout intérêt après 70 ans.

Le régime fiscal applicable à la transmission change.

Pour les primes versées après le 70e anniversaire, un abattement global de 30 500 € s’applique à l’ensemble des contrats concernés souscrits sur la tête d’un même assuré.

La fraction des primes qui dépasse cet abattement entre ensuite dans l’assiette des droits de succession selon le lien de parenté entre l’assuré et le bénéficiaire.

Mais une distinction essentielle doit être retenue : les produits générés par les primes versées après 70 ans ne sont pas intégrés à l’assiette taxable au titre de l’article 757 B, seuls les versements concernés l’étant, dans la limite des capitaux effectivement transmis.

Cette particularité conserve donc un intérêt à l’assurance vie même lorsque les versements sont réalisés après 70 ans.

PER ou assurance vie après 70 ans pour transmettre son patrimoine ?

C’est l’une des différences importantes entre les deux enveloppes en matière de transmission.

Pour une assurance vie, lorsque des primes ont été versées après 70 ans, l’assiette soumise aux droits de succession porte sur les primes concernées au-delà de l’abattement global de 30 500 €. Les produits générés par ces primes ne sont pas compris dans cette assiette.

Pour un PER assurantiel, le régime est différent lorsque le titulaire décède après 70 ans. Dans cette situation, les droits de mutation sont calculés sur le montant total dû par l’assureur après application de l’abattement global de 30 500 €.

Pour un professionnel de santé dont l’objectif devient principalement la transmission de son patrimoine, cette différence mérite donc d’être prise en compte dans la répartition entre PER et assurance vie.

Il faut également distinguer le PER assurantiel du PER sous forme de compte-titres, dont le traitement successoral n’est pas identique.

Quelle stratégie entre PER et assurance vie selon l’âge ?

Il n’existe pas de répartition universelle entre PER et assurance vie. L’âge constitue un repère mais ne suffit pas.

Le taux marginal d’imposition, le niveau de revenus, l’épargne déjà disponible, le patrimoine immobilier, la situation familiale, la date prévue de cessation d’activité et les objectifs successoraux doivent également être pris en compte.

Entre 40 et 60 ans le PER est-il à privilégier ?

Cette période correspond souvent aux années où les revenus professionnels sont les plus élevés pour un médecin, un chirurgien-dentiste ou un autre professionnel de santé libéral.

Lorsque la tranche marginale d’imposition atteint 30 %, 41 % ou 45 %, la déduction des versements sur un PER peut représenter une économie fiscale significative.

Un versement de 10 000 € intégralement imputé sur des revenus relevant d’une TMI à 41 % peut par exemple procurer jusqu’à 4 100 € d’économie d’impôt à l’entrée, toutes choses égales par ailleurs.

Mais le PER ne doit pas nécessairement absorber toute l’épargne disponible.

Constituer parallèlement une assurance vie suffisamment tôt présente deux avantages : conserver une réserve mobilisable avant la retraite et commencer à faire courir le délai fiscal de huit ans.

Un professionnel de santé peut donc utiliser le PER pour l’épargne réellement destinée au long terme et l’assurance vie pour conserver davantage de flexibilité.

Entre 60 et 70 ans faut-il privilégier le PER ou l’assurance vie ?

À l’approche de la retraite, l’arbitrage devient plus subtil.

Lorsque le médecin continue de percevoir des revenus importants et reste fortement imposé, le PER peut rester particulièrement efficace avant 70 ans. Il peut être pertinent de profiter des dernières années de revenus professionnels élevés pour utiliser la capacité de déduction disponible.

C’est également le moment de vérifier les éventuels plafonds d’épargne retraite reportables figurant sur l’avis d’impôt.

Parallèlement, l’assurance vie prend une place croissante pour préparer les besoins de trésorerie à la retraite et organiser la transmission.

Les versements réalisés sur une assurance vie avant le 70e anniversaire sont notamment importants lorsque l’objectif patrimonial consiste à profiter du régime des 152 500 € d’abattement par bénéficiaire.

Il ne s’agit donc pas nécessairement de remplacer brutalement le PER par l’assurance vie à 60 ou 65 ans, mais plutôt de faire évoluer progressivement la répartition des nouveaux versements.

Après 70 ans l’assurance vie devient-elle plus intéressante ?

À partir du 70e anniversaire, les nouveaux versements sur un PER ne procurent plus de déduction fiscale depuis le 1er janvier 2026.

Cela réduit fortement l’un de ses principaux avantages pour un professionnel libéral encore en activité.

Pour de nouveaux capitaux, l’assurance vie devient alors souvent plus adaptée lorsque l’objectif principal est la disponibilité ou la transmission.

Elle conserve notamment la possibilité de retirer l’épargne à tout moment, la fiscalité spécifique des contrats de plus de huit ans, des prélèvements sociaux de 17,2 % dans le régime de droit commun et un traitement successoral particulier des gains produits par les versements effectués après 70 ans.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut fermer un PER à 70 ans.

Le capital déjà constitué peut continuer à être investi. Une liquidation ou un transfert ne doit jamais être décidé uniquement en fonction de l’âge sans mesurer ses conséquences fiscales, financières et patrimoniales.

PER ou assurance vie pour un médecin libéral quelle stratégie choisir ?

Le PER individuel et l’assurance vie ne sont pas réellement concurrents. Ils répondent à des objectifs différents et peuvent être utilisés simultanément.

Le PER est principalement intéressant pour placer une épargne destinée à la retraite tout en réduisant la fiscalité pendant les années où les revenus professionnels et la tranche marginale d’imposition sont élevés.

Pour un TNS, le plafond professionnel théorique peut atteindre 88 911 € en 2026, ce qui offre une capacité de déduction importante aux professionnels disposant de bénéfices élevés.

Il faut cependant intégrer la fiscalité de sortie. Une économie d’impôt obtenue lorsque la TMI est de 41 % n’a pas la même portée qu’une déduction obtenue à 11 % ou 30 %. La stratégie doit donc être évaluée sur l’ensemble du cycle du placement.

L’assurance vie apporte de son côté trois avantages essentiels : disponibilité du capital, fiscalité spécifique après huit ans et transmission.

SituationEnveloppe à examiner en priorité
TMI élevée et retraite encore éloignéePER
Besoin d’épargne disponibleAssurance vie
Capacité de déduction PER déjà utiliséeAssurance vie
Constitution d’une épargne de précautionAssurance vie
Revenus élevés à quelques années de la retraitePER et assurance vie
Approche du 70e anniversaireArbitrage PER / assurance vie
Transmission avant 70 ansAssurance vie à étudier en priorité
Nouveaux versements après 70 ansAssurance vie souvent plus adaptée
Transmission d’un PER assurantiel importantAnalyse successorale indispensable

La bonne répartition dépend donc de l’âge, de la fiscalité actuelle et future et des objectifs patrimoniaux.

Pour un médecin libéral, un chirurgien-dentiste, un kinésithérapeute ou un autre professionnel de santé, la stratégie peut également évoluer au fil de la carrière. Une répartition pertinente à 45 ans ne sera pas nécessairement celle à privilégier à 65 ou 70 ans.

Notre cabinet analyse ces différents paramètres afin de déterminer la répartition adaptée entre PER individuel et assurance vie, en tenant compte de la situation fiscale, patrimoniale et professionnelle de chaque praticien.

FAQ sur le PER et l’assurance vie pour les professions libérales

Peut-on cumuler un PER et une assurance vie ?

Oui. Aucune règle n’interdit de détenir simultanément un PER individuel et une ou plusieurs assurances vie.

Cette combinaison peut même être pertinente : le PER peut être utilisé pour l’épargne destinée à la retraite et l’optimisation fiscale, tandis que l’assurance vie permet de conserver une épargne plus facilement disponible et d’organiser la transmission.

Quel est le plafond de déduction du PER pour un médecin libéral en 2026 ?

Pour une déduction du bénéfice professionnel relevant de l’article 154 bis, la limite correspond au montant le plus élevé entre 10 % du PASS et 10 % du bénéfice retenu dans la limite de 8 PASS, auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS.

Avec un PASS 2026 de 48 060 €, le plafond maximal théorique atteint 88 911 € lorsque le bénéfice atteint au moins 384 480 €.

Le plafond réellement disponible doit néanmoins être déterminé en tenant compte des autres versements susceptibles de l’affecter.

Le report des plafonds PER sur cinq ans s’applique-t-il au plafond TNS ?

Non. Le report sur cinq ans concerne le plafond de déduction du revenu global prévu pour l’épargne retraite.

Il ne permet pas d’accumuler automatiquement pendant cinq ans le plafond professionnel TNS prévu par l’article 154 bis.

En 2026, les reliquats susceptibles d’être mobilisés sont ceux de 2023, 2024 et 2025. C’est à partir de 2031 que les reliquats des cinq années antérieures relevant du nouveau dispositif pourront simultanément être disponibles.

Quelle est la fiscalité d’une sortie en capital du PER en 2026 ?

Lorsque les versements volontaires ont été déduits fiscalement à l’entrée, la part du capital correspondant à ces versements est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu lors de la sortie en capital, mais pas aux prélèvements sociaux.

Les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire de 12,8 % et, depuis 2026, à des prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 31,4 % lorsque cette taxation forfaitaire s’applique.

Lorsque les versements n’ont pas été déduits à l’entrée, la part correspondant aux sommes versées est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux lors de la sortie en capital. Les gains restent fiscalisés.

Peut-on encore déduire ses versements PER après 70 ans ?

Non. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à compter du 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles fiscalement.

Les versements restent toutefois possibles. Leur fiscalité de sortie correspond alors à celle applicable aux versements volontaires non déduits.

Quelle différence entre PER individuel et contrat Madelin retraite ?

Le PER individuel a été créé par la loi PACTE et a progressivement remplacé le contrat Madelin retraite pour les nouvelles souscriptions.

Les anciens contrats Madelin retraite existants peuvent continuer à fonctionner, mais ils ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020.

Le PER apporte notamment davantage de souplesse, avec la possibilité, selon la nature des droits détenus, d’une sortie en capital ainsi que des possibilités de transfert entre produits d’épargne retraite.

Quand vaut-il mieux verser sur une assurance vie plutôt que sur un PER ?

L’assurance vie peut notamment être privilégiée ou alimentée en parallèle lorsque vous souhaitez conserver votre capital disponible, lorsque votre tranche marginale d’imposition est faible, lorsque votre capacité de déduction PER a déjà été utilisée ou lorsque vous préparez un projet susceptible d’intervenir avant la retraite.

Elle prend également davantage d’importance lorsque la transmission devient prioritaire, notamment à l’approche de 70 ans ou après cet âge, lorsque les nouveaux versements PER ne procurent plus de déduction fiscale.

Le choix dépend toutefois de l’ensemble de la situation patrimoniale et fiscale.

Peut-on conserver ou alimenter un PER après 65 ans ?

Oui. Le passage à 65 ans n’entraîne aucune interdiction générale de détenir ou d’alimenter un PER.

Les conditions du contrat peuvent toutefois prévoir certaines limites d’âge ou modalités particulières.

Depuis 2026, le seuil fiscal déterminant est surtout celui de 70 ans : les versements réalisés à partir du 70e anniversaire ne sont plus déductibles.

Comment fonctionne la transmission d’une assurance vie pour un médecin ?

Pour les contrats relevant du régime actuel, les sommes correspondant aux primes versées avant 70 ans peuvent bénéficier d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire.

Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique à l’ensemble des contrats concernés. Au-delà, les primes entrent dans l’assiette des droits de succession selon le lien de parenté.

Les produits générés par ces primes après 70 ans ne sont en revanche pas compris dans cette assiette, ce qui conserve un intérêt patrimonial à l’assurance vie après cet âge.

PER ou assurance vie après 70 ans quelle solution privilégier pour la succession ?

Pour un objectif essentiellement successoral, l’assurance vie présente une différence importante après 70 ans : l’assiette relevant de l’article 757 B porte sur les primes versées après cet âge, après l’abattement global de 30 500 €, et non sur les gains produits par ces primes.

Pour un PER assurantiel, si le titulaire décède après 70 ans, les droits de succession portent au contraire sur le montant total dû par l’assureur au-delà de l’abattement global de 30 500 €.

Cette différence justifie d’étudier la répartition entre PER et assurance vie bien avant le 70e anniversaire.

Sources officielles

Les informations fiscales et réglementaires présentées dans cet article ont notamment été vérifiées auprès des sources suivantes :

Les règles fiscales pouvant évoluer, les montants et modalités présentés correspondent à la réglementation applicable en septembre 2026.

Sommaire

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Très bonne expérience avec Ronan! Très réactif dans mes demandes, disponible et aidant dans les démarches administratives. Prévoyance conseillée au cas par cas, je recommande vivement.
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Fanny Le Tallec
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Je suis kiné et Monsieur Daniel s’occupe de mes contrats mutuelle et prévoyance depuis 10 ans maintenant, avec plusieurs changements en fonction des offres proposées par les compagnies et les différentes garanties dont j’ai pu avoir besoin. Un exemple parlant : il m’a proposé de modifier un contrat dans une compagnie de prévoyance pour obtenir les nouvelles conditions, tandis que la courtière de mon mari ne l’avait pas fait. Nous avons bien vu la différence lors de son hospitalisation l’an passé, les garanties souscrites étaient obsolètes, alors que les miennes avaient évoluées et auraient permis une prise en charge.

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